L’interview de Sand’rions pour Les Echos Entrepreneurs

L’interview de Sand’rions pour Les Echos Entrepreneurs

Numérique : la crise accélère sa transformation et booste son activité

Sand’rions est un Phoenix de l’événementiel.
Spécialiste des jeux historiques, Sandrine Hueber a traversé la crise avec détermination. Le numérique a sauvé son activité. Mieux, en 2020, le chiffre d’affaires a fait un bond de 41 %.

 

Sandrine Hueber n’a cessé de se réinventer toute au long de sa carrière. Cette extraordinaire capacité de rebond lui a permis de faire face à la crise du Covid. Son entreprise Sand’rions spécialisée dans l’événementiel par le jeu est toujours debout.

L’entrepreneuse, âgée de 49 ans, a réalisé sa première mutation en 2014. De déléguée médicale hospitalière, Sandrine Hueber devient fondatrice de start-up . Sand’rions crée des parcours thématiques ludiques pour découvrir l’histoire autrement. « Le statut de salariée ne me convenait plus. Et je voulais faire connaître aux enfants l’histoire de France à travers des jeux de piste, des chasses aux trésors. En clair, les faire entrer dans la grande histoire par la petite porte », explique la présidente de Sand’rions, établie à Saint-Maur-des-Fossés.

Du BtoB au BtoC, des enfants aux salariés

Sand’rions organise, dès 2014, une trentaine de parcours destinés à des groupes d’une dizaine d’enfants de cinq à douze ans. Mais en 2015, l’attentat de Charlie Hebdo puis ceux du 13 novembre mettent un coup d’arrêt à son activité. « Dans ce climat d’insécurité, les parents ne voulaient plus me confier leurs enfants. »

Changement cap : elle passe du BtoC au BtoB. « J’ai pensé à me tourner vers un public professionnel et à créer des expériences de team building autour de l’histoire d’une entreprise. L’idée était de stimuler le sentiment d’appartenance à une organisation commune. Le sujet n’était plus la grande histoire mais dans les deux cas, il s’agissait bien de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. »

Sandrine Hueber transpose son savoir-faire acquis auprès des enfants, la ville comme terrain de jeux avec des indices et des énigmes, aux clients corporate. Et ça marche. La créatrice signe même un contrat récurrent avec le Racing 92 au Paris La Defense Arena pour créer un événement d’avant-match tous les quinze jours à destination des familles sur l’histoire du rugby . En 2019, son chiffre d’affaires grimpe à 85.000 euros. Aujourd’hui, elle réalise environ 80% de son activité auprès des entreprises et 20% auprès des particuliers.

Le numérique sauve l’activité

La crise sanitaire fut un deuxième choc. « Le 29 février 2020, tout s’arrête en raison des jauges dans les salles de spectacle ou de réunion, puis le confinement est arrivé. »

L’entrepreneuse réagit. « J’ai alors l’idée de digitaliser, sur des plateformes de visioconférence, cinq de mes parcours pour enfants pour soulager les parents dans leur temps de garde et détendre intelligemment les petits. » Des documents à imprimer sont envoyés par e-mail aux parents qui cachent ensuite les indices dans la maison. Et l’enquête peut démarrer.

Pendant cette période, elle laisse la liberté à chacun de payer ce qu’il souhaite. « Cet essai s’est transformé en mini étude de marché pour moi. J’ai fini par fixer le prix à 22 euros par enfant ce qui correspondait au panier moyen. Puis j’ai créé des cartes d’abonnement pour cinq à dix séances », indique Sandrine Hueber.

Ce pivot digital séduit aussi ses clients du monde des entreprises. Les laboratoires Santen ou Nutergia, LCL, CNP Assurances, Thales se pressent pour créer du lien entre leurs salariés en télétravail. « Les équipes devaient réaliser des films pour expliquer leur activité ou jouaient dans des parties minutées sur le thème de l’histoire de l’entreprise, le tout en distanciel.

Une année 2020 meilleure que 2019

Totalement autodidacte sur la partie numérique, Sandrine Hueber a investi 5.000 euros dans les services d’un webmaster qui met à jour son site. Elle a également obtenu un PGE de 14.000 euros pour sa société, et, sous formes d’aides mensuelles du fonds de solidarité, 25.000 euros correspondant à la perte de chiffre d’affaires pendant les mois d’été 2020 par rapport à la même période en 2019.

Grâce à sa transformation digitale, Sand’rions a réussi à augmenter son chiffre d’affaires 2020 de 41 %, à 120.000 euros, selon la dirigeante. Des efforts récompensés et remarqués. L’entrepreneuse remporte en octobre 2021 le prix Trophées du Territoire Paris Est Marne et Bois, catégorie digital.

Place maintenant au développement. Sandrine Hueber a embauché en septembre 2021 son premier salarié chargé de la communication. En 2022, une deuxième personne responsable de l’administration rejoindra l’équipe. Et si la dirigeante estime que ses services digitalisés vont désormais occuper la grande majorité de son activité, elle entrevoit déjà un canal émergent, celui du phygital . « Certaines entreprises qui disposent de bureaux dans des lieux différents, mettent les équipes physiques de chaque bureau en compétition. Et ces dernières communiquent entre elles par le digital », explique-t-elle. La voie du milieu pourrait être le prochain pivot de Sandrine Hueber.

 

Source : Les Echos Entrepreneurs – Isabelle Meijers – 15/12/2021 https://business-lesechos-fr.cdn.ampproject.org/c/s/business.lesechos.fr/amp/81/346381.php