7 potins sur Valtesse de la Bigne

Valtesse de La Bigne Henri Gervex

7 potins sur Valtesse de la Bigne

Tous les lundis sur LinkedIn, je vous partage des énigmes, où j’aime y lire vos commentaires et vos indices drôlissimes ! Cette semaine je souhaitais vous livrer 7 potins, pour vous faire découvrir une femme, courtisane, et pas n’importe laquelle, Valtesse de la Bigne.

Elle s’appelle Émilie-Louise, et elle se rêvait en altesse…Et c’est bien ce qu’elle est devenue !

1 Le quartier Poissonnière Valtesse de La Bigne

C’est en 1848, qu’Émilie-Louise Delabigne naît dans le quartier Poissonnière de Paris. Ce quartier ne le sait pas encore, mais il est le berceau d’une future reine du demi-monde, courtisane qui deviendra Valtesse de la Bigne.
Petite fille, elle vit une enfance difficile, marquée par les privations et une réalité peu tendre, abusée par un homme dès son plus jeune âge. C’est dans cet environnement bohème qu’elle façonne son image et ses ambitions. Très tôt, elle apprend à lire, coudre et développer son esprit vif. Elle se donne le surnom de « Rayon d’or », une lueur de lumière dans une vie sombre.

2 Beauté rousse et taille de guêpe

Son surnom de « rayon d’or » elle le doit à sa longue chevelure rousse. Cette jeune femme d’une grande beauté possède une taille de guêpe de 48 cm qui attirent déjà les regards et les convoitises. Offenbach, célèbre compositeur, ne restera pas insensible à son charme, et lui offre ses premiers pas sur les planches (bien qu’éphémères) dans un petit rôle. Mais ce n’est pas sur scène qu’elle brillera le plus… Elle séduit déjà les puissants de ce monde et devient une muse pour les plus grands peintres de l’époque.

Elle rencontre Camille Corot, qui deviendra un ami, Édouard Manet, Alfred Stevens, Henri Gervex et Jean-Louis Forain, qui l’immortalisent dans des œuvres allant des plus chastes aux plus polissonnes ! Certaines d’entre elles sont aujourd’hui exposées au Musée d’Orsay.

3 Le demi-monde accueille l’altesse

Elle décide de changer son prénom par « Valtesse », une contraction bien trouvée de votre altesse, puis elle transforme son patronyme « Delabigne » avec une particule en « de La Bigne », bien plus aristocratique. La voilà devenue courtisane indépendante, loin des griffes des souteneurs. Les hommes l’admirent, les femmes la jalousent. Elle incarne la liberté, le luxe et la démesure.

4 Une ascension fulguranteValtesse de La Bigne Henri Gervex

Pour Valtesse de la Bigne, des ruelles de Paris aux salons luxueux, il n’y qu’un pas !
D’abord résidente du quartier de la Place Saint-Georges, grâce au Prince Lubormirski, qu’elle ruine très vite, elle conquiert rapidement le prince de Sagan, qui lui offre un hôtel particulier somptueux boulevard Malesherbes.

Cet hôtel devient le théâtre de fêtes somptueuses, où se croisent écrivains, artistes et politiciens. Valtesse de la Bigne y reçoit Théophile Gautier, Gustave Flaubert, et même Sarah Bernhardt. Mais elle ne s’en tient pas à son hôtel, elle fréquente régulièrement les lieux mythiques de la vie parisienne, comme le restaurant Lapérouse, qui conserve, aujourd’hui encore son cadre historique.

5 Un lit digne d’une impératrice

Elle fait construire un lit spectaculaire, véritable outil de travail et un symbole de pouvoir, en bronze, bois sculpté et velours de soie verte. Sur le dossier, elle y fait poser un blason avec un « V » pour Valtesse. Les hommes y défilent, et en ressortent soulagés…de quelques billets. Un meuble devenu emblématique, qu’on peut admirer aujourd’hui au Musée des Arts Décoratifs.

6 Quand Zola s’en mêle

Émile Zola est intrigué par son mobilier dont tout le monde parle, et désireux de connaître son mode vie. Elle lui ouvre les portes de sa chambre et lui montrer son lit royal. Zola est fasciné et s’inspire de sa vie pour « Nana », mais le portrait qu’il en fait dans son oeuvre des Rougon-Maquart déclenche la colère de Valtesse de la Bigne. C’est décidé, désormais, chaque visite dans sa chambre sera monnayée !

Elle n’accepte plus d’être utilisée sans contrepartie. Zola aura appris à ses dépens que Valtesse est aussi accueillante qu’irascible.

7 Une maîtresse-femme

Véritable entrepreneuse avant l’heure, Valtesse de la Bigne est organisée et redoutable. Elle consigne tout dans un carnet ! Les noms, les fortunes, les situations de famille, les sommes perçues, les goûts particuliers…Un fichier clients bien avant l’heure du RGPD !

Son carnet est un véritable trésor d’informations sur l’élite parisienne. Un moyen de pression, un filet de sécurité.

Libre et libre-penseuse jusqu’au bout, elle transmettra le flambeau à Liane de Pougy, qu’elle forme elle-même aux rouages du métier de courtisane.

Bonus – Une villa pour symbole de réussite

« Si à 50 ans, t’as pas de villa, t’as raté ta vie ! » c’est sans doute ce qu’a dû se dire notre grande horizontale ! Richissime, elle s’offre une villa, qui est bien plus qu’un lieu de résidence : c’est un sanctuaire, un écrin de luxe où elle reçoit les rares élus qu’elle daigne encore fréquenter.

C’est dans cette villa que Valtesse de la Bigne finira sa vie en 1910. Jusqu’à la fin, elle reste une femme indépendante, rédige seule son propre faire-part de décès, un pied de nez à ceux qui auraient voulu la dompter. Ce faire-part, est adjoint à son testament manuscrit de près de 24 pages, où elle lègue une fortune considérable, estimée à 10 millions d’euros d’aujourd’hui, à ses amies et quelques institutions, tout en omettant volontairement sa famille.

Si vous aussi, vous voulez percer les secrets des reines du demi-monde et des courtisanes, venez découvrir le parcours Paris Canaille et laissez-vous guider par les histoires sulfureuses et fascinantes de ces femmes hors du commun, qui malgré elles, ont contribué à l’évolution de la condition féminine.