Le débarquement en Normandie fête ses 77 ans

Le débarquement en Normandie fête ses 77 ans

Il y a 77 ans, l’Histoire changeait…

Il est parfois difficile d’imaginer aujourd’hui la vision qu’offrait ces plages de Normandie, 77 ans auparavant, en 1944. Ces plages paraissant si paisibles aujourd’hui, voire  vide de monde, lors des confinements successifs, ont pourtant été le champ de bataille de milliers d’hommes. Hommes venus combattre l’ennemi pour libérer le Monde, libérer la France, nous libérer des belligérants, grâce à un plan conçu savamment.

Bref retour en arrière…

En 1919, à la sortie de la Première Guerre Mondiale, la France, les États-unis, le Royaume-Uni et l’Italie, imposent à l’Allemagne des sanctions financières importantes, et la force à rendre à la France l’Alsace et la Lorraine.
En 1933, Adolf Hitler arrive au pouvoir. Il est persuadé que le chômage et la pauvreté en Allemagne sont causés les pays étrangers et les Juifs. Sa politique est très agressive. Il veut tout contrôler. Il annexe l’Autriche, et il noue des alliances avec des pays autoritaires comme le Japon et l’Italie.
En 1939 l’Allemagne attaque son voisin, la Pologne. La France et le Royaume-Uni s’allient pour défendre la Pologne et déclare la guerre à l’Allemagne. Ce conflit va très vite dépasser les frontières de l’Europe et devenir une guerre mondiale.
La Seconde Guerre Mondiale est considérée comme la plus meurtrière de l’Histoire avec plus de 50 millions de morts.

Les prémices du débarquement

Toute l’Europe est en guerre, contre l’Allemagne qui a déclenché le conflit. L’Allemagne occupe de nombreux territoires, dont la France. Seuls la Grande Bretagne et la Russie résistent encore à Hitler. De nombreuses batailles font rages. Les alliés de la France, composés des États-Unis, de la Grande Bretagne, de la  Russie et de la Chine sont considérés comme les « quatre gendarmes ».
Après de fulgurantes victoires entre 1939 et 1941, le déclin des allemands débute à El-Alamein en octobre 1942 face aux Anglais, et dès lors l’Allemagne ne cesse de perdre du terrain sur l’ensemble des fronts.
Profitant de ces nombreux revers, les Américains et Britanniques décident de débarquer en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 et d’organiser une conférence au cours de laquelle ils se mettent d’accord pour exiger une capitulation de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon.

Churchill et Roosevelt

Churchill convainc Roosevelt de privilégier les attaques périphériques et d’organiser un débarquement en Italie afin d’affaiblir les troupes ennemies. C’est ainsi que le 10 juillet 1943, les Anglo-Saxons, aidés de la mafia new-yorkaise débarquent en Sicile et remontent l’Italie. Ils en profitent alors pour libérer la Corse. Cette attaque est un succès. Les alliés décident alors de passer à la vitesse supérieure.

 

Des alliés et des Hommes

Depuis le début de l’année 1943, les Américains et les Canadiens préparent en secret, en Angleterre, le débarquement sur les côtes françaises. 3 500 000 hommes des pays alliés et occupés s’entrainent pendant des mois dans des camps militaires retranchés et se préparent pour le plan Overlord (« Suzerain ») adopté lors de la conférence de Téhéran (20 novembre – 1e décembre 1943) et dirigé par le général Dwight Eisenhower, dit « Ike ».

 

Quelques hésitations

Après avoir longuement hésité entre un débarquement en Normandie ou dans le Pas-de-Calais, les alliés optent pour un débarquement militaire sur les côtes du Calvados et de la Manche. Ce choix est guidé par la tentative de débarquement à Dieppe le 19 aout 1942 afin de s’emparer des grands ports du Nord de la France et qui se soldera par un échec sanglant des forces canadiennes.

Une intox portant ses fruits

Hitler, ayant eu vent de ce futur débarquement, l’attend avec impatience pour prouver qu’il est capable de le repousser, et ainsi mettre hors-jeu les alliés pour reporter ses forces contre l’URSS.
Les Anglais décident donc de le convaincre que le débarquement aura lieu au Nord de la France, à l’endroit le plus étroit de la manche, en laissant fuiter des informations auprès des services secrets allemands.
Ils montent l’opération Fortitude (« Courage »). Cette opération a pour but de concentrer de nombreux blindés en baudruches gonflables et d’avions en contreplaqué en face de Calais afin de laisser croire à Hitler que le débarquement se prépare avec un million de soldats sous le commandement du Général Patton. Hitler décide alors d’envoyer 33 de ces 50 troupes basées en Normandie dans le Nord de la France afin de repousser ce faux débarquement et de laisser seulement 300 000 soldats sur les côtes Normandes sous le commandement de Rommel.

Le rôle primordial de la météo

Par un concours de circonstance, le week-end du 5 et 6 juin, Rommel profitant du mauvais temps sur la côte et donc, selon lui, d’une impossibilité de débarquement, décide d’aller en Allemagne fêter l’anniversaire de sa femme. De nombreux autres officiers supérieurs font de même pour aller passer quelques jours à Paris ou à Rennes.

Il ne reste alors que sur les côtes normandes que 50 000 soldats de la Wehrmacht dont une moitié de slaves engagés de forces.
Pourtant, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, le mauvais temps se dégage et lorsque, le 5  juin au soir, le commandant en chef des forces de l’Ouest Gerd Von Rundstedt, reçoit des informations sur le brouillage des radars et entendant de nombreux messages codés à destination des résistants normands, il n’intervient pas, pensant, comme Hitler, que le débarquement aura lieu dans le Nord de la France.

Une nuit pour disperser les troupes

Cette nuit-là, le débarquement débute par une immense mission aéroportée.
Les alliés commencent par larguer de faux parachutistes explosant en touchant le sol, dans le but d’affoler les troupes allemandes et de les forcer à se retrancher.
À partir de minuit, des milliers de parachutistes sautent vers les côtes dans le but de baliser le terrain. Ils s’emparent des terres et des plages où les alliés vont pouvoir débarquer le lendemain.
Même si cette opération est un véritable fiasco à cause de la tempête qui fait atterrir les parachutistes bien loin de leurs cibles, ce désordre permet au final de désorganiser les troupes allemandes, ne sachant plus où donner de la tête et permettant ainsi aux hommes-grenouilles de cisailler les barbelés posés en mer par les Allemands.

Sainte-Mère Église

Pour preuve, de nombreux parachutistes se posent sur le sol de Sainte-Mère Église et des alentours, à part John Marvin Steele, américain, qui lui restera accroché à l’une des sculptures du toit de l’église. Les allemands au sol commencent à tirer. John Marvin Steele est touché au pied. Il ne peut pas manœuvrer son parachute à cause de la douleur et préfère faire le mort pour ne pas être repéré par les allemands. Il sera finalement décroché par des allemands et fait prisonnier puis s’évade 4 jours plus tard.

Aujourd’hui encore, en mémoire de cette nuit et de ce parachutiste, si vous passez dans ce village vous verrez qu’un parachutiste est encore présent sur le toit de l’église.

Verlaine au cœur de l’action

Pendant la guerre, pour communiquer il est d’usage d’utiliser des phrases codées ou des messages cryptés, souvent transmis par la radio de Londres pour informer les réseaux de résistants.
Les résistants sont donc avertis du débarquement par des messages codés de la BBC, et en particulier deux vers de Verlaine afin qu’ils se tiennent ainsi prêts  : « Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone » et le célébrissime « Les carottes sont cuites », mais là, ce n’est pas de Verlaine !

Le D-Day

Le 6 juin 1944, à 5h30 du matin, le débarquement commence grâce aux avions alliés et 6 cuirassés qui bombardent les bunkers situés sur les plages et les falaises.
Une heure plus tard, les soldats commencent à débarquer sur les plages en 5 divisions.
Utah et Omaha Beach sont couvertes par les troupes américaines, Gold Beach par les britanniques, Juno par les forces canadiennes et Sword par une coalition des britanniques et un détachement français.

Sur Utah Beach et la pointe du Hoc, 23 225 hommes débarquent et seulement 315 y perdent la vie, car les troupes allemandes mal armées, et peu motivées, se rendent directement.

Omaha Beach est sûrement la bataille la plus meurtrière, les bombes ne sont pas larguées au bon endroit et les soldats de la première ligne sont directement fauchés par les mitraillettes allemandes. Les affrontements durent jusqu’à midi, heure à laquelle Omaha est finalement pacifiée.

Les anglais ont le champ libre

Les troupes anglaises rencontrent beaucoup moins de résistance sur les plages de Gold et de Sword qui sont dégagées en moins de 2h avant de s’enfoncer dans les terres et d’être acclamées par la population comme des sauveteurs.

Sur Juno Beach, les 13 000 Canadiens débarquent avec une dizaine de minutes de retard. La marée qui commence à monter recouvre les mines et explosent rapidement. Arrivant tout de même à rejoindre la côte, ils se heurtent à une division allemande qu’Hitler a mise en place.

Au soir du 6 juin 1944, les anglo-saxons établissent 5 têtes de ponts sur une centaine de kilomètres du littoral normand. Même si tous les objectifs ne sont pas remplis (les Anglais n’ont pas réussi à prendre Caen), le terrain est dégagé et peut permettre le débarquement de millions de soldats supplémentaires pour continuer la Libération de la France.

 

Une victoire qui a un coût

Ce débarquement a tout de même un coût. Les nombreux cimetières américains des falaises le prouvent encore aujourd’hui.
On décompte 3 400 tués chez les Américains, 3 000 chez les britanniques, 335 chez les Canadiens et entre 4 000 et 9 000 chez les troupes allemandes. Il faut aussi ajouter à cela les 3 000 civils français morts suite aux bombardements des villes par les avions alliés.

Deux mois plus tard, Paris sera libéré.

Charles de Gaulle Parcours jeu de piste

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